En guise de présentation

Pas facile de se présenter comme historien, comme chroniqueur, journaliste, ou sous n’importe quelle identité qui serait uniquement liée au travail, comme le voudrait un CV -une invention idiote que même les DRH commencent à contester pour préférer des techniques de recrutement qui mettent à nu le degré de motivation de leurs futurs employés. En effet, quand bien même on accepterait d’identifier quelqu’un par la somme de ce qu’il a fait, comment réduire cette personne à une liste de boulots ? En quoi une telle liste pourrait-elle servir, par exemple, pour juger de la fiabilité des informations que je divulguerais sur ce blog? Plus exactement, en quoi le fait d’avoir publier ici ou là, si je m’en tiens à la casquette d’historien, explique t-il pourquoi je m’intéresse à tel ou tel autre problème. Car, en définitive, l’intéressant, ou ce qui devrait nous intéresser, c’est de savoir pourquoi tel chroniqueur, journaliste, scientifique, parle de ce dont il parle. C’est là que réside la mystère à résoudre qui permet de comprendre exactement ce qu’il dit. Autrement dit, c’est seulement en mettant à nu la subjectivité de l’énonciateur que son discours prend tout son sens, au delà d’un certain nombre d’informations qui sont rarement difficilement accessibles.

Lorsque j’écris un article, je mets bien moins des informations à disposition que je ne les organise pour leurs donner un sens. Or, le sens auquel je leurs donne est directement lié à une subjectivité construite à travers un nombre d’éléments qui dépassent, et de très loin, mon seul parcours universitaire. Il faut chercher du côté des opinions politiques, des goûts et des dégoûts, des affinités, les rapports au monde, à l’argent, au sexe, aux nations; un passé personnel qui me situe dans le présent d’une situation très particulière.

Probablement n’est-ce là que des évidences, énoncées avec une emphase un peu déplacée. Mais j’insiste, car à mon avis le grand travers qui traverse l’ensemble des énonciateurs de vérité est l’abstraction de leurs conditions particulières. Pour le lecteur, il s’ensuit la réception d’une vérité qui semble venir de nulle part ou d’une autorité dont les ressorts ne sont jamais clairement saisissables. « Historien » « spécialiste de l’Argentine contemporaine », et voilà que vous devez prendre pour argent comptant tout ce que je vous dis.

Ici, nous l’aurons compris, j’affirme une subjectivité. Mais quelle est-elle? Et là j’avoue tout mon dénuement pour répondre à cette question essentielle, en réalité j’invite le lecteur à la découvrir tout au long de textes que je produis. Afin d’avoir une chance de la saisir, je propose de placer dans le même espace (blog) l’ensemble des textes car, peut-être, certains éclairent d’autres. Je les sépare cependant selon des catégories car je les écris dans des perspectives différentes. Pour moi, ce ne sont pas les mêmes objectifs, ni les mêmes modalités et techniques, lorsque j’écris une chronique, une observation ou une réflexion du quotidien, que lorsqu’il s’agit d’un article d’histoire. Je n’utilise pas le même langage lorsque je m’adresse supposément à des collègues historiens qu’à un public que j’espère plus large. Et, par ailleurs, je m’essaye de loin en loin à une littérature qui n’a a priori rien à voir avec des textes plus politiques ou universitaires. Mais je soupçonne dans tout cela une certaine cohérence qui serait la clé de cette subjectivité recherchée.

Par ailleurs, depuis peu j’écris en espagnol des textes auxquels je consacre aussi une catégorie à part, pour une raison évidente de lecture mais aussi parce que j’utilise un langage qui, du fait d’une maîtrise incomplète, ne m’offre pas les mêmes possibilités d’expression.

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