La raison du plus fort ou celle de la Justice

Rarement l’actualité offre des cas aussi évidents d’affrontement entre la raison du plus fort et celle du plus juste que le conflit diplomatique entre la Grande Bretagne et l’Equateur, autours du statut de Julian Assange.
Les fondements de la décision de la chancellerie équatorienne pour donner le statut de réfugié politique au fondateur de Wikileaks sont intéressants. La motivation principalement invoquée est l’absence de garantie pour le respect des droits fondamentaux du prisonnier Assange –ce qui habilite, voir oblige, un pays respectueux de ses droits à lui offrir asile.

(à partir de la minute 13, 45)

 
En effet, le chancelier équatorien rappelle qu’en cas d’extradition vers les Etats-Unis, non seulement le détenu risque la peine de mort, mais rien de garantit un procès juste et équitable, ni même que son intégrité physique soit respectée – à moins d’oublier que les Etats-Unis se sont clairement affranchis de toutes les normes internationales pour ce qui est de la torture et des traitements infligés à ses ennemis de guerre, il n’est que rappeler le cas de Bradley Manning (le soldat soupçonné d’avoir transmis des informations secrètes à Wikileaks) :

           “ Bradley Manning a été soumis à un traitement cruel, inhumain et dégradant  » Selon l’ONU.

Il est intéressant que le petit pays sud-américain rappelle ce que les européens et les grandes puissances feignent sans cesse d’oublier : les Etats-Unis ne garantissent aucun respect des droits fondamentaux. De sorte que extrader un être humain vers ce pays devrait être considéré illégal au regard du droit international.

 

Nous sommes tous des paranos conspirationnistes
Mais, nous dit-on, les Etats-Unis n’ont rien à voir, ils n’ont jamais demandé l’extradition d’Assange. Hier, le chancelier britannique a fait une déclaration qui semble frappé du sceau du bon sens, en rappelant que les accords d’extradition entre les Etats-Unis et la Grande Bretagne sont amples. Il souligne ainsi qu’il suffirait à Washington de le demander pour que Londres lui envoie Assange (laissant entendre à contrario que ceux qui pensent que les Etats-Unis souhaitent enfermer Assange sont des conspirationnistes). C’est le bon sens, mais c’est faux. Il existe bel et bien une clause restrictive dans le traité d’extradition entre les deux pays : si l’infraction est considérée de caractère politique.
Il n’est pas difficile d’imaginer que les avocats d’Assange n’auraient aucun mal à faire valoir le caractère politique de la demande des Etats-Unis –qui considèrent Wikileaks comme un ennemi. Ainsi, on comprend mieux le silence de Washington et le souci réel d’Assange de se retrouver en Suède.

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